Page du projet. Le Cycle de Shaedra, Tome 2: L'éclair de la rage.

4 Les mines noires

Les bains étaient en réalité deux bassins d’eau de source, un peu froide, mais propre. Quand j’y rentrai, nue comme un nouveau-né, j’eus la sensation de changer de peau. La saleté s’était accumulée pendant les plusieurs semaines qu’avait duré le voyage et elle eut du mal à partir.

— C’est incroyable.

Aléria, dans l’eau jusqu’aux genoux, claquait des dents, tout en s’aspergeant avec les mains de petites vaguelettes d’eau froide.

— Quoi ? —fit-elle.

— Que nous soyons partis d’Ato depuis un mois déjà.

Aléria s’arrêta et leva un sourcil tout en me regardant.

— Et ça, c’est incroyable ?

— Cela ne me semble pas réel, c’est tout.

Elle haussa les épaules et, tremblant, elle s’enfonça davantage dans le bassin en respirant profondément.

— Elle est glacée ! —se plaignit-elle.

— Le Tonnerre est plus froid au printemps —répliquai-je.

— Et qui peut bien avoir l’idée de se baigner dans le Tonnerre au printemps ? —grogna-t-elle.

— Moi —répondis-je, et je me mordis la lèvre avec une moue têtue.

— Cela ne m’étonne pas. Après tout, tu as du sang de dragon.

Je l’éclaboussai d’eau, en riant, et elle poussa un cri de protestation.

— Shaedra ! —exclama-t-elle outragée—. Et si je meurs d’une pneumonie ?

— Bah, je parie que tu saurais trouver une centaine de méthodes pour remédier à une pneumonie.

— La vérité, c’est que je me rappelle avoir lu un livre qui mentionnait quelque chose là-dessus —dit-elle, l’air pensif—. Je crois qu’on pourrait la soigner en mélangeant du sang de grenouille avec de l’écorce de paèldre. —Comme je la regardais, bouche bée, elle se moqua de moi— : Tu es plus crédule que Galgarrios, Shaedra ! Je ne saurais même pas par où commencer pour guérir une pneumonie.

Je laissai échapper un grognement et me frottai le bras gauche avec une éponge rugueuse qui me laissa la peau toute rouge.

— Elle est froide —reconnus-je au bout d’un moment. Aléria pouffa sans répondre, claquant des dents sans pouvoir s’arrêter—. Aléria, est-ce que tu sais où on est, toi ?

Utilisant les mains comme une coupe, elle se rinça le visage, tout en acquiesçant.

— Si j’ai bien compris ce qu’ils disaient, nous devons nous trouver au nord-est des Communautés d’Éshingra. Cela pourrait être pire.

— Au moins Stalius sait parfaitement parler le naïltais —une soudaine idée me traversa l’esprit—. Qu’est-ce que tu crois qu’il a appris avant, le naïltais ou l’abrianais ?

— Le naïltais, je suppose. Il vient des terres d’Acaraüs. C’est un gwarate.

Consciente que nous étions sur le point de nous mettre à parler des gwarates, de la Fille du Vent et du dessein des illustres dieux de Stalius, je préférai changer de sujet.

— C’est un endroit étrange.

— Je n’avais jamais vu autant de hobbits de ma vie —approuva Aléria.

— Ils ne m’ont pas paru très expressifs —commentai-je.

Aléria se mit à rire.

— Ça, c’est parce que tu ne comprends pas le naïltais comme tu le devrais. Si tu avais étudié plus sérieusement…

J’écartai ses propos d’un geste de la main, qui agita l’eau autour de moi.

— C’était ridicule d’étudier le naïltais avec Aynorin. Il savait à peine le baragouiner et il avait un accent horrible, admets-le. Ces hobbits, je n’arrive pas à les comprendre. Ils parlent trop vite. À la taverne, quand j’entendais des voyageurs parler en naïltais, je les comprenais beaucoup mieux.

— Les langues, ce n’est pas le point fort du maître Aynorin —admit Aléria—. Mais on peut apprendre beaucoup dans les livres.

— Pas tout.

Aléria soupira et, bien qu’il semble lui en coûter, elle reconnut :

— Pas tout.

Elle me jeta alors un regard critique.

— Dis donc, c’est comme ça que tu te laves les cheveux ? Cela ne m’étonne pas qu’ils soient toujours sales ! Si tu ne mets pas de savon, ça ne sert à rien.

Laissant échapper un immense soupir, je dus me savonner les cheveux et me les frictionner énergiquement, créant une mousse blanche qui se transforma bien vite en une masse sombre, qui alla rejoindre l’eau du bassin.

Quand nous eûmes fini de nous décrasser avec l’éponge et que nous nous estimâmes suffisamment propres, nous ne nous attardâmes pas, sachant que les autres devaient attendre impatiemment que nous sortions. Nous nous séchâmes avec une sorte de serviette faite de mousse absorbante et nous demeurâmes un instant immobiles face aux tuniques que l’on avait laissées pour nous. À l’évidence, certaines étaient plus grandes que d’autres. Deux étaient assez larges et longues, une autre plus étroite, mais longue également, et nous supposâmes que les quatre autres, étroites et plus courtes, nous étaient destinées, à nous, à Akyn et à Aryès. Le problème, c’était les couleurs.

— Moi, je prends la bleue —s’empressa de dire Aléria.

— Tiens donc —répliquai-je, avec un tic nerveux sur les lèvres. Les autres tuniques étaient toutes roses, une couleur qu’à Ato on avait l’habitude d’associer aux personnes mondaines et maniérées de mauvais goût.

— Tu n’aimes pas le rose ? —se moqua-t-elle sous mon regard foudroyant.

Je passai la tunique et sentis la toile glisser sur moi comme une cascade d’eaux. Ce n’était pas une tunique comme celles que l’on portait à Ato, car elle m’arrivait presque jusqu’aux chevilles. Comme le rire d’Aléria redoublait, je levai les yeux au ciel :

— Au moins, c’est commode.

Nous ramassâmes nos vêtements, nous les lavâmes comme nous pûmes et nous étions sur le point de sortir lorsqu’un détail me traversa l’esprit.

— Aléria.

— Quoi ?

— Et Akyn et Aryès ?

— Qu’est-ce qu’il leur arrive ? —dit-elle, en plissant le front.

Mais elle comprit sans que j’aie besoin de lui dire quoi que ce soit. Nos regards se posèrent sur les tuniques roses suspendues à une patère et nous éclatâmes de rire à l’unisson.

— Ne leur disons rien ! —proposa-t-elle.

Quand nous revînmes dans la chambre, les autres s’en furent se laver à leur tour et nous nous installâmes sur deux paillasses au fond de la pièce.

— Que penses-tu de ce village ? —dis-je soudain—. Cet endroit ne ressemble pas à une mine, tu ne trouves pas ?

Aléria haussa les épaules.

— En tout cas, Troïshlan l’a appelé arst. Une mine. À moins que le mot ait d’autres sens. Je suppose qu’un nain mineur ne considèrerait pas ça comme une mine.

— Tu veux dire qu’ils font le commerce de cette mousse noire ? —demandai-je, tout en étendant mes vêtements sur la cloison pour qu’ils sèchent.

Aléria se prit les joues d’une main, en me contemplant, très étonnée.

— De la mousse noire ? Mais enfin, Shaedra ! Ta mousse noire est une substance organique gluante très utilisée qu’on appelle naldren.

Je restai bouche bée, en me souvenant des hobbits et de leurs sacs remplis de cette sorte de mousse humide.

— Eh beh —soufflai-je—. Je ne savais pas que le naldren avait cet aspect répugnant. Comment utiliser de l’huile de naldren après ça ?

Aléria leva les yeux au plafond.

— Si tu avais lu Ressources de botanique du commerce d’Ajensoldra, tu l’aurais deviné tout de suite.

Je me mordis la lèvre et lui adressai un demi-sourire.

— Eh bien, pour une fois, aussi surprenant que cela puisse paraître, ce livre, je l’ai lu —répliquai-je—. Au moins une partie. Kajert me l’a prêté de sa bibliothèque personnelle, en me disant que c’était une merveille, alors j’ai dû y jeter un coup d’œil.

— Un coup d’œil ! Je n’irai pas jusqu’à dire que ce livre est une merveille, mais il est indispensable pour comprendre ce qui nous entoure. Sinon tu ne sais même pas faire la différence entre le naldren et de la mousse noire.

Je trouvai qu’Aléria devenait insupportable avec ses livres et je me tus, en me couchant sur ma paillasse avec un soupir.

— En plus —continua Aléria, pensive—, je crois me rappeler que le naldren dans ces régions est très apprécié. Je suis certaine qu’au prochain repas nous aurons de l’huile de naldren dans tous les plats…

Elle fit une grimace alors que je me redressais brusquement en m’exclamant :

— Le repas !

— Oups. Je n’aurais pas dû parler de repas —murmura Aléria—. Maintenant, tant que tu n’auras pas mangé, tu ne vas pas arrêter d’y penser. Mais la vérité, c’est que, moi aussi, j’ai faim —fit-elle, en se caressant tristement le ventre.

Elle prit un ton si plaintif que j’éclatai de rire.

— Si Troïshlan et ses amis nous ont donné du savon, des habits et un endroit pour dormir, on peut espérer qu’ils nous donneront de quoi manger. À moins qu’ils ne pensent faire de nous leur plat du jour —ajoutai-je dans un murmure.

Aléria me regarda, la bouche ouverte.

— Tu crois que… ?

— Tu n’as pas lu les livres ? —répliquai-je, sur un ton arrogant—. Dans Anthropophagie des hobbits producteurs de naldren de Potoco Pattecourte, ils disent que…

— Ça suffit ! —exclama Aléria en soupirant de soulagement tandis que j’éclatais de rire et me rallongeais les mains derrière la tête—. On ne plaisante pas avec ces choses.

— Bon, je reconnais que c’était de l’humour noir —avouai-je—. Bah, Troïshlan a l’air sympathique, n’est-ce pas ?

Aléria haussa les épaules et déclara raisonnablement :

— On ne peut pas se fier seulement aux apparences, mais tu as peut-être raison.

— Eh bien ! Puisque les aristocrates se lavent, je vais en profiter pour dormir —dis-je.

— Bonne idée.

Dès que je fermai les yeux, je m’endormis et j’oubliai tout ce qui se passait autour de moi. Je rêvai d’une ville souterraine illuminée par des pyramides disposées régulièrement dans les rues et sur les parois de la caverne, parois contre lesquelles s’entassait tout un amas de maisons misérables. Moi, ou plutôt mon fantôme, se promenait dans une rue déserte et large et tout était silencieux. Parfois, je croisais une ou deux personnes, mais moi, j’étais comme invisible. Je passai devant une pâtisserie et sa vitrine reluisante et remplie de gâteaux à la crème et au chocolat. Je ressentis le désir irrésistible d’y entrer, mais je me rendis compte qu’il n’y avait pas de porte et j’oubliai totalement la pâtisserie, car mon attention fut soudain attirée par une silhouette féminine qui descendait la rue, élégamment vêtue. Ses chaussures brillantes et noires résonnaient sur le sol et l’écho amplifiait leur bruit. Elle s’arrêta devant moi et me sourit comme si nous nous connaissions depuis toujours : “Je savais que je finirais par te rencontrer. Pourquoi ne me montres-tu pas où tu habites ?” Et moi, sans hésiter, je me mis en route, dépassant des maisons somptueuses et silencieuses. Dans cette ville, la lumière du jour était aussi intense qu’une nuit de deux Lunes à la Superficie. Je traversai un pont qui surplombait une ruelle où se promenait en silence un chien famélique couleur de sable. Je passai devant les maisons miséreuses, tout en grimpant la côte, empruntant escaliers et ruelles. Alors je m’arrêtai et, m’étonnant des paroles de la silhouette qui avait parlé, je lui demandai : “Mais toi, qui es-tu ?” Personne ne me répondit et alors j’ouvris la porte d’une maison qui paraissait identique aux autres tandis qu’une musique de harpe résonnait dans toute la ville.

Quand je me réveillai, je maudis tout d’abord le bruit scandaleux de mes compagnons, parce que je n’avais pas eu le temps de voir comment était ma maison, mais je me rendis compte ensuite que je n’avais plus de maison et que le Cerf ailé était bien loin d’où je me trouvais. Tout n’avait été qu’un rêve.

Je finis par identifier le « bruit scandaleux » ; il s’agissait d’éclats de rire tonitruants et j’ouvris aussitôt les yeux. Tous étaient de retour du bain et Dolgy Vranc semblait être en train d’étouffer de rire tandis qu’Akyn et Aryès l’observaient, le visage exaspéré. Aléria, se réveillant elle aussi, laissa échapper un petit rire et Akyn la foudroya du regard.

— Je ne vois pas ce qu’il y a de si drôle !

J’observai avec curiosité comment Dolgy Vranc se tordait de rire. Je ne l’avais jamais vu si jovial.

— Lénissu, tu l’influences beaucoup —dis-je.

Le ternian pencha la tête, l’air surpris.

— Moi ? Moi, je n’ai pas ri autant, j’ai juste fait quelques plaisanteries, rien d’autre. Si Dol s’étrangle de rire, cela n’a rien à voir avec moi. Ce sont eux, les coupables —dit-il, en se tournant vers Akyn et Aryès.

— Moi ? —protestèrent en même temps les deux jeunes snoris.

— Vous —acquiesça Aléria en essayant de paraître sérieuse. Elle examina de haut en bas les tuniques roses que portaient Akyn et Aryès—. Vous êtes charmantes —décréta-t-elle.

Elle échangea un regard avec moi et, toutes les deux, nous éclatâmes de rire. Akyn et Aryès laissèrent échapper un long soupir, en secouant la tête.

— C’est simplement une culture différente —marmonna Akyn—. Ici, ce qui se porte, c’est le rose, un point c’est tout. Et vous auriez pu nous avertir qu’il n’y avait pas d’autres couleurs. On aurait prévenu Dolgy Vranc pour qu’il ne s’étrangle pas de rire.

— Cela fait longtemps que je n’ai pas ri comme ça —souffla le semi-orc, hilare, tout en toussant.

— Eh bien, il vaut mieux que cela ne devienne pas une habitude —commenta Lénissu en lui donnant des tapes dans le dos, tel un ami en réconfortant un autre—. Un de ces jours, tu vas y perdre ton souffle.

— Penses-tu —protesta l’identificateur. Il semblait s’être tranquillisé, mais, sur son visage, un énorme sourire persistait.

Stalius entra alors dans la pièce et nous nous tournâmes tous vers lui avec curiosité.

— La famille Tépaydeln nous invite à boire le thé dans deux heures —annonça-t-il.

— Tout un honneur —s’exclama ironiquement Lénissu.

— Peut-être que nous réussirons à comprendre quel problème ils ont avec nous —commenta Dolgy Vranc.

— Ils ont un problème avec nous ? —demanda Akyn en fronçant les sourcils.

— Mais il n’y aura pas que du thé, n’est-ce pas ? —me préoccupai-je, m’imaginant une conversation ennuyeuse autour d’une table et de bols d’eau bouillante. Tous levèrent les yeux au ciel, mais personne ne sut me répondre.

Je profitai du temps qu’il restait pour dormir un peu plus avant de nous rendre à l’invitation. Après un bain, j’avais toujours envie de manger ou de dormir ; je me souvins qu’une fois Wiguy m’avait critiquée parce que je ne me lavais pas assez souvent et je lui avais répondu que, si j’étais aussi maniaque de la propreté qu’elle, je serais capable de dévorer toutes les réserves de la taverne. Wiguy avait semblé le prendre au sérieux et avait cessé de me poursuivre avec le savon pendant quelque temps.

Quand je me réveillai, Lénissu me secouait doucement l’épaule.

— Que se passe-t-il ? —dis-je, en bâillant, totalement déboussolée.

— La famille Tépay-je-ne-sais-quoi nous attend. Debout. Nous devons faire honneur à nos hôtes.

Lénissu revêtait une tunique d’un bleu sombre qui lui donnait l’air d’un celmiste adepte du Daïlorilh. Cette pensée me fit sourire car Lénissu n’avait pas l’âme d’être l’adepte de qui que ce soit.

Il me tendit la main et me redressa sans aucun effort.

— Tu es plus légère qu’une plume. Un jour, le vent va t’emporter, ma nièce.

Je lui montrai mes mains, toute contente :

— Tu as vu mes griffes ? Je crois qu’elles sont presque comme avant.

— C’est une menace ? —répliqua-t-il avec un demi-sourire.

— Non —protestai-je, en fronçant les sourcils—. Je crois que j’ai rêvé que je les avais perdues une nouvelle fois —admis-je posément, et je souris en contemplant mes mains—. Mais elles sont toujours là.

Lénissu leva les yeux au ciel.

— Oui. Eh bien, il vaudra mieux que tu ne les montres pas trop aux hobbits. Ils pourraient te confondre avec un atroshas. Quoique, ils ne seraient pas si loin de la vérité —ajouta-t-il, l’air pensif, comme se parlant à lui-même.

Je lui donnai une bourrade tout en sortant de la pièce.

— Si j’étais un atroshas, j’aurais des écailles noires —répliquai-je.

Il me jeta un coup d’œil et acquiesça.

— C’est vrai. Un atroshas rose… je ne crois pas que cela se voie si souvent.

— Et qui, s’il a un peu de jugeote, peut bien avoir vu un atroshas ? —intervint Dolgy Vranc.

— Mon père en a vu un —dit Stalius alors que nous parcourions des galeries tout en suivant un hobbit qui ne semblait pas avoir beaucoup plus de vingt ans.

Dolgy Vranc prit une mine embarrassée.

— Vraiment ?

— Il était tout seul avec l’atroshas et il est mort en le combattant —affirma-t-il.

Lénissu échangea un regard avec moi et je sus que nous pensions la même chose avant qu’il ne dise :

— Et s’il était tout seul, comment peux-tu savoir que c’est un atroshas qui l’a tué ?

Stalius fronça les sourcils, mais répéta :

— Il est mort en combattant un atroshas dans le massif des Extrades.

— Oh. Bien sûr —dit Lénissu, méditatif—. De toutes façons, Dolgy Vranc a raison. Personne avec un peu de jugeote ne voudrait voir un atroshas.

— Lénissu —murmura Aléria, inquiète.

Stalius serra les dents, mais ne répondit pas et continua à marcher, les épaules tendues.

— Lénissu, tu ne devrais pas le taquiner comme ça —murmurai-je—. Je me souviens d’avoir vu dans un livre que pour le peuple d’Acaraüs, les ancêtres sont un peu comme les dieux de la famille.

Lénissu soupira.

— Si je ne peux pas dire ce que je pense à quelqu’un, ce quelqu’un ne mérite pas ma considération, et encore moins mon amitié.

Je fis une moue et secouai la tête. Je me rendais compte que je n’arrivais pas à comprendre Lénissu. Il était parfois cruellement lâche, il ne supportait pas la vue du sang et il n’arrêtait pas de plaisanter. Mais, en même temps, il avait une personnalité plus profonde. Ses répliques se basaient sur ses principes et il n’avait pas peur d’affronter plus fort que lui, tant qu’il savait que cela n’entraînerait pas de vengeance ou, du moins, pas une vengeance immédiate. En plus, je n’avais pas pu m’empêcher de remarquer qu’il prononçait d’une étrange façon le mot « amitié ».